Faut-il vraimant lui donner une tape , une fessée ?
Il ne cesse de vous provoquer . Mais la simple idée de lever la main sur lui vous rend malade.Pourtant , certains jours , vous vous dites qu'une <<bonne tape>> sur les fesses ne lui ferait pas de mal ...L'idée même de lui donner une tape vous rend malade , pourquoi ?
Deux hypothèse au choix :
- Cela vous renvoie peut-etre,à ces fessées d'un autre temps (la "raclée",la "cognée", la "tanée"...) qui signifient que l'adulte est maître sur l'enfant,que le parent est toujours dans son bon droit , qu'il faut "casser"la volonté de l'enfant et que plus le "dressage" commence tôt , plus il est efficace. Une telle éducation , baptisée "la pédagogie noire" par la psychanalyste ALice Miller repose sur ce postulàt : les parents ont toujours raison , ils ont tous les droits parce qu'ils sont les parents ; les enfants ,eux , ne méritent aucun respect , ils n'ont que des devoirs . Dans les familles où l'ont pratiquait ce type d'éducation (pas seulement dans le XIX°siècle) , les enfants étaient considérés comme des "petits chiots à dresser" ; ou bien des êtres humains , mais de statut inférieur : au salon , avec les parents ils étaient "tolérés ", s'ils ouvraient la bouche , ils étaient rabaissés ou prennaient une "trempe" . C'était "pour leur bien" , ça soulageait leurs parents ...
Si vous avez subi ce genre d'éducation , vous faites peut-etre un blocage et un rejet , vous avez honte à l'idée de lever la main sur votre enfant .
- Pour vous , l'obéissance , la contrainte ,et la hiérarchie ne sont peut-etre pas des références . La permissivité et le laxisme - donc forcément l'absence de frustration , d'obligation , de punition et de tape sur la main ou sur les fesses - vous semblent le gage de la crativité , de l'expression de votre enfant dans tous les domaines .Vous pensez qu'en le brimant , vous lui coupez les ailes , vous brisez sa créativité .
Une tape est-elle forcément synonyme de sadisme et de frein à la créativité ?
Il est vrai que la tape signe un échec dans la communication entre l'enfant et son parent . En fait , elle est donnée parce que le parent n'a pas , en amont ,signifié assez clairement les limites et les interdits à son enfant .
Mais en pratique , donner une tape à son enfant ne renvoie pas forcément à la "pédagogie noire" décrite ci-dessus . Donnée à bon escient , elle n'est pas davantage un frein à la créativité de l'enfant .
S'interdire de donner une tape à son enfant , sur la main ou sur les fesses, sous prétexte qu'on va le bloquez dans sa créativité , c'est confondre autoritarisme et autorité . En veillant à ne contrarier votre enfant sous aucun prétexte , vous ne donnez pas libre cours à sa créativité ,vous le contraigniez à la prise de pouvoir .
A terme , vous entretenez la confusion des rôles parents-enfant. Vous fabriquez un tyran . Vous en souriez ? Au fond , l'idée qu'il fasse partie plus tard des "dominants plutôt que des dominés" vous séduit ? Il n'est pas sûr que votre enfant devienne , plus tard , le "chef parfait " que vous espérez . Peut-etre chef , il est necessaire de reconnaître l'autorité , de l'accepter et non de la nier ? En revanche , si votre enfant est un vrai créatif , ce n'est pas une tape sur les fesses ou une punition , de temps en temps , qui l'empêcheront d'exercer son talent . A Condition , bien sûr , qu'il n'y ait pas d'abus .
A quoi peut servir de donner une tape ?
La tape dit "stop" à l'acte ou à la parole inacceptable , intolérable et à l'exaspération . C'est un moyen de couper court à un conflit ou une dispute qui n'en finit pas et qui aboutit à un sentiment d'icompétence du coté du parent - qui ressent son absence d'autorité - et de toute puissance du coté de l'enfant - qui cherche toujours à aller plus loin pour repousser les limites . Dans ces moments-là , on se sent un mauvais parent . On finit toujours , plus ou moins consciemment , par ne plus avoir d'estime de soi en tant que parents , ni de respect pour cet enfant ,"ce desposte qui nous gâche la vie" .
Existe-t-il une tape qui ne traumatisme pas ?
- C'est une tape sur la main ou sur les fesses , rien de plus . Elle est toléré et acceptable lorsqu'on la donne à un enfant de moin de 5-6 ans environ , plus tard il est préférable de donner une punition . Elle est plus efficace et moin humiliante , lorque celui qui la donne s'éfforce , au même moment , de soutenir le regard de l'enfant ( de faire les gros yeux) et l'accompagne d'un mot d'axplication : "Ce que tu fais est inacceptable .Je ne suis pas d'accord , je ne supporte pas . " Enfin , il est évident que c'est à vous , le parent concerné , d'assumer cette tape et de ne pas la déléguer à un tiers .
- Ce n'est pas une "fessée" , qui au sens littéral du terme est une série de plusieurs tapes données sur les fesses de l'enfant , souvent avec acharnement et sadisme , en l'installant à plat ventre sur les genoux , parfois déculotté...
- Ce n'est pas non plus une giffle au visage , un coup de pied aux fesses ou une douche froide . Encore moins , bien évidemment , un coup de martinet ou de ceinture . Autant de chatiments corporels qui relèvent de l'enfance maltraitée , mais qui , malheureusement de nos jours , sévissent encore dans certaines familles .
- La claque sur la fesse peut servir à donner une limite à votre enfant , en aucun cas , elle n'a pour but de l'humilier , de s'acharner sur lui et de le laisser pantelant et démuni .
Dans quels cas lui donner une tape ?
- Il vous a insultée , est allé trop loin dans l'insolence .
- Il désobéit , n'écoute aucune recommandation , dépasse les bornes .
- Vous avez tous essayé : la patience, la persuasion, l'énervement , l'isolement... Mais votre enfant est en pleine crise .
- Vous êtes à bout de nerfs , vous êtes déçue , vous sentez que vous êtes sur le point de déverser sur votre enfant un flot de paroles violentes et humiliantes que vous ne contrôlerez plus .Une tape , qui arrêtera net la crise , est préférable à la poursuite du conflit sur le ton de l'exaspération .
- il vient de se mettre en danger ( par exemple , en traversabt la rue tout seul en courant , alors que vous lui aviez dit de vous attendre au panneau ) ou de blesser son frère .Vous avez eu trés peur , vous êtes hors de vous . Dans ce cas une tape rapelle l'interdit de se mettre en danger , de se nuire à soi, de faire mal et de mettre autrui en danger . Une tape sur les fesses va le surprendre mais aussi lui faire prendre conscience de son imprudence et l'inciter à la prudence .
A quel moment lui donner ?
Au moment de l'énervement maximum .Et non , le soir , en rentrant du bureau , en apprenant qu'il a craché sur la baby-sitter...Cette situation a beau etre grave , mériter des remontrances conduisant aux excuses de l'enfant, voire une mise à l'écart dans sa chambre , elle ne peut conduire à une tape : en l'espèce , vous n'êtes ni témoin , ni acteur .
Inutile aussi de menacer et de "promettre" une tape à votreenfant : " Quand on rentrera à la maison , tu en aura une ... "Mieux vaut la donner tout de suite , dans la rue -en vous moquant éperdument du regard des autres que cette querelle ne concerne pas - que d'infliger une sanction à froid lorsque le drame est passé . La "fessée différée" , s'apparente à un châtiment,donné sur un mode sadique .
Vous lui donner une tape , il lève la main sur vous ?
Pas d'éscalade de la violence . Saisissez sa main immédiatement et fermement . Rétorquez : "C'est inadmissible , inacceptable .Il est interdit de taper ses parents ." Expliquez-lui : "Je t'ai donné une tape à cause de ce que tu as fait/dit maintenant " ( et non "parce que tu es méchant", "pas gentil", "nul " ou "atroce"...) . Ainsi , vous introduisez un peu de distance entre son acte innacceptable et la personne et vous relativisez dans le temps : ce n'est pas lui tout entier qui est mauvais , et il ne l'est pas toujours . C'est trés important pour permettre à votre enfant de dominer sa rancoeur et de conserver le sentiment "d'estime de soi", dont il a besoin pour se construire et grandir .
Isolez-le , un moment dans sa chambre .Ou bien il en ressortira de lui même quelques minutes plus tard , calmé et soulagé . Ou bien il ne parviendra pas , tout seul , à retrouver sa tranquillité et à surmonter sa rancune . Dans ce cas , il est indispensable que vous alliez vers lui , non pour le consoler , ni pour exiger son pardon ( trop culpabilisateur ) mais pour lui signifier la fin de la crise et l'éssurer de votre affection . Dîtes-lui : "Ecoute .Ce que tu as fait/dit tout à l'heure , m'a mis hors de moi , Mais c'est fini maintenant tu restes toujours mon enfant et je t'aime trés fort ."
Pour en savoir plus :
Dès 2-3 ans
La fessée de Marinette et soupir . Frédéric Stehr , L'école des loisirs .
(Voir également les livres du premier chapitre << Ne pas savoir dire non>> )