Il ne cesse de réclamer des babioles . Ou d'éssayer d'enfreindre vos modestes
instructions(s'habiller seul , se coucher à l'heure ...). Vous avez l'impression
de céder un peu trop souvent. Comment retrouver votre autorité ?
Ne pas savoir dire non , qu'est ce que ça cache ?
Différents sentiments :
·Le parent coupable : il voit déjà tellement peu son enfant , il ne va pas ,en plus, le torturer.
·Le parent qui , par sa réaction à sa propre éducation - probablement trop stricte et trop rigide-, s'interroge constamment sur le bien-fondé du <<non>> (ou de l'ordre) qui <<s'impose>> à son enfant .
·Le parent épuisé : il n'a pas le courage de se lancer dans une épreuve de force qu'il n'est , pense-t-il, pas certain de tenir .
·Le parent pressé : il n'a pas le temps de tergiverser deux heures au moment de l'habillage du matin et préfère s'en charger à la place de son enfant .
Pourquoi faut-il apprendre à dire non ?
Pour permettre à votre enfant de se construire , de se structurer et de devenir , plus tard, un être responsable , indépendant et autonome .
La fustration est une expérience indispensable au développement psychologique et affectif de l'enfant qui doit apprendre à renoncer à la satisfaction immédiate de tous ses désirs . Contrairement à ce que vous pouvez penser , la fustration n'implique pas forcément l'humiliation .
Parce que contrairement à ce que l'on croit , dire <<non>> à un enfant le rassure .
Les limites reçues sécurisent bien plus qu'elle ne briment . Garder le cap qu'on s'était fixé avant la crise , ne pas céder devant sa colère , est le premier moyen de lui donner des repères .Au contraire, un enfant qui sent que ses crises de nerfs et ses hurlements lui permettent d'atteindre son but , finit par être angoissé de l'absence de limite posée à sa toute puissance . Comprendre ses besoins n'est pas synonyme de céder et de laisser faire .
Pour ne pas tomber dans le piège du <<parent copain>>.
Être un <<parent copain >>, c'est considérer son enfant comme un égal , un ami du même âge que soi , c'est-à-dire comme un être achevé.Cela revient à méconnaître les étapes psychologiques du développement de chaque enfant. Votre enfant a besoin d'un parent solide , qui reste toujours à sa place de parent, un parent adulte auquel il pourra s'identifier et sur lequel il pourra s'appuyer , le cas échéant .
Pour éviter les difficultés futures .
Accéder à tous les désirs de votre enfant, c'est l'élever dans un monde illusoire où il croit qu'il peut tout faire . Le principe d'éducation ,<< Il est interdit d'interdire>> , empèche l'enfant de faire l'épreuve de la réalité et le rend incapable de supporter les interdits et les frustrations . A l'adolescence , l'enfant qui , petit a manqué d'autorité parentale peut être tenté de la rechercher de n'importe quelle manière et auprés d'autres personnes que ses parents .
Pour cesser de vous compliquer l'existence .
Abdiquer en permanence finit par rendre esclave. A terme , on finit toujours - plus ou moins consciemment - par en vouloir à celui qui nous tyranise .
Comment apprendre à dire non ?
·Distinguez bien , dans votre esprit, les interdits sociaux absolus (dormir avec ses parents , blesser autrui , se faire du mal à soi-même ...) et les règles de vie propres à chaque famille (regarder la télévision , prendre son repas et se coucher à telle heure ...).
Restez inflexible sur les interdits sociaux . Rapellez-les souvent et pas seulement au moment des crises . En les précédant de la formule toute simple : <<C'est interdit , c'est comme ça >> . Et en répétant : <<Je te l'ai déjà dit >>, une formule qui permet d'ériger ces interdits en véritables repères .
Pour les règles en vigueur dans votre famille , n'édictez que celles sur lesquelles vous êtes sûre de tenir sur la durée . Faites-les évoluer en fonction de l'âge , de la personnalité et des besoins de votre enfant. Ainsi que de l'organisation de votre vie de famille . Vous doutez sur des points précis ? N'hésitez pas à prendre en considération l'avis de la maîtresse ou du pédiatre . Les professionnels ont souvent des idées claires sur les besoins de l'enfant . Même si c'est vous , parents , qui décidez .
·Lorsque vous vous adressez à votre enfant pour faire respecter un interdit ou une limite , éfforcez-vous de capter , puis de soutenir fixement son regard ( se mettre à sa hauteur...) Apprenez à <<faire les gros yeux>> - comme on le disait autrefois -, à le tancer vertement . Plus tôt l'enfant est habitué droit dans les yeux au moment critique , plus tôt il sait obéir . L'autorité passe par le regard autant que par le changement de ton .
Les colères de votre enfant vous désarment ?
·Apprenez à distinguer le vrai chagrin (il veut partir à la maison) du simple caprice (vous venez de refusez son quatrième bonbon). Soyez compréhensive face au premier . Restez de marbre face au second .
·Ayez suffisamment confiance en vous pour affronter seule la rebellion de votre enfant , sans faire appel à votre conjoint , ou à un tiers , qu'il soit réel ou imaginaire .
C'est a vous , parent , de transmettre la loi . Croyez en vous : vous êtes parfaitement capable d'exercer seule votre autorité de parent . Il suffit de considérer, une fois pour toutes,
que votre décision est juste et que vous montrer inflexible ne vous transforme pas pour autant en parent psychorigide .
·Assumez de laisser hurler votre enfant dans sa chambre , le temps qu'il se calme . Ou de passer pour une mère indigne s'il pique sa crise en pleine rue et que vous êtes amenée à lui donner une tape sur la main ou sur les fesses .
·Les mots-clés : <<Je comprends trés bien que tu ne sois pas d'accord avec moi, mais ce que tu fais là , est inacceptable .>>
·Il vous traite de <<méchante maman>>? Rétorquez calmement : <<peut-être que tu penses cela maintenant , mais je te l'ai déjà dit : changer de maman , changer d'enfant, c'est impossible .>>N'hésitez pas , aussi ,à faire référence à votre propre enfance .Votre enfant se rendra compte que, vous aussi , avez été enfant, que vous aussi avez eu à connaître des frustrations et des désillusions.Il se sentira moin seul. Cela aura pour effet de faire diversion et de dédramatiser.
·Le drame persiste ? Pour couper court à la polémique , dites : <<Ecoute, n'insiste pas, c'est comme ça. Aujourd'hui je ne discute plus de ça avec toi .>>
·Une fois la crise surmontée (ou s'il ne se calme pas , revenez vers votre enfant et dîtes lui :<< je me suis énervée à cause de ton caprice ... >>(et non << à cause de toi >> , ou <<parce que tu es méchant >> formules trop culpabilisantes ) , <<...mais tu le sais , tu es mon enfant , je t'aime quoi qu'il arrive.>>
Cela vous permettra de dépasser la rancune et de garder une bonne communication parent-enfant.
C'est toujours à vous de revenir vers lui .
·Déculpabilisez : c'est en ne cédant pas que vous jouez votre rôle de parent et en assumez la responsabilité.
Quelques livres utiles
Dés 18 mois :
Petit ours brun dit nonet Petit ours brun fait une colère , Bayard Poche .
Les colères et Les chagrins , Dr Catherine Dolto-tolitch, Gallimard Jeunesse .
On ne peut pas , Jeanne ashbé, L'école des loisirs.
Dés 2 ans :
Nini dit non .DominiqueMaes , L'école des loisirs .
Les chaussures rouges , Imme Dros , L'école des loisirs .
Dés 3 ans :
Maman , va-t'en . Lynn Jonell et Petra Mathers , L'école des loisirs .
Fenouil , tu exagères . Brigitte Weninger , Nord-Sud .
Je ne veux pas prendre mon bain . Tim Warmes , Mijade .
L'anniversaire de Boudinette . Mireille d'Allencé , L'école des loisirs.
Dés 4 ans :
Moi j'adore , maman déteste . Elisabeth Brami et Lionel le Néouamic , Seuil Jeunesse .
Fais pas ci , fais pas ça . Babette Cole , Seuil Jeunesse .
Pour les parents :
Parents , osez dire non !. Dr Patrick Delaroche , Albin Michel .
Quels repères donner à nos enfants dans un monde déboussolé . Jean-Luc Aubert , Albin Michel .
Ces enfants qui nous provoquent .Nicole Fabre , Retz Pocket .
Y a-t-il encore un père à la maison ? . Jacques Arenes, Coll. Le métier de parents, Fleurus.