L’inscrire à la maternelle, d’accord, mais où ? Quel type d’établissement choisir ? pour qu’un enfant s’adapte facilement à l’école, il est important de saisir ce qui va changer pour lui. Une bonne dose de compréhension, quelques précautions, un peu de patience, et il a toutes les chances d’apprécier pleinement son nouveau statut d’élève.
Quelle école choisir ?
Dotée d’une réputation de bonne qualité, l’école maternelle nous est enviée au-delà des frontières de l’hexagone où il n’existe aucune structure comparable. Exception culturelle française, ce service public, gratuit – mais non obligatoire -, accueille la quasi totalité des enfants de 3 à 6 ans et un tiers des enfants de 2 ans. Les orientations officielles déclinées dans les derniers programmes réaffirment sa voie spécifique, à la croisée des chemins entre sa mission d’enseignement et le respect des besoins particuliers des tout-petits.
Pour inscrire son enfant, il suffit de s’adresser au service des écoles de la mairie du lieu de domicile au plus tard au mois de juin précédant la rentrée scolaire (attention certaines communes prennent l’inscription plus tôt). S’il a déjà soufflé ses trois bougies (ou entre deux et trois ans dans la limite des places disponibles), il sera accueilli dans un établissement scolaire : une école maternelle, ou une école primaire comportant une classe maternelle ou une section maternelle au sein d’une classe à plusieurs niveaux.
ØA chaque secteur son école
La carte scolaire impose à chaque famille une école dans un secteur bien déterminé : le plus souvent, cet établissement est le plus proche du domicile familial, mais pas toujours. Dans ce dernier cas, ou si vous souhaitez qu’il soit scolarisé à proximité de votre bureau ou de la personne qui le garde après la classe, il est possible de demander une dérogation de secteur à la mairie en présentant des justificatifs. Mais ces exceptions à la règle ne sont pas toujours faciles à obtenir. Les besoins de l’enfant sont avant tout à prendre en compte : s’il passe plus de temps dans les transports, se lève plus tôt, etc.…, cette situation risque d’être source de fatigue. Sans compter qu’il est bien agréable d’avoir des petits copains qui habitent dans son quartier car on peut les voir après la classe ou les jours sans école.
En parler pour anticiper
Parler avec l’enfant de sa rentrée à l’école est la meilleure des préparations. Bien sûr, on ne sait pas encore précisément la façon dont la maîtresse a choisi d’organiser ses journées. Mais on en connaît suffisamment pour commencer à le familiariser avec ce nouveau monde. Avant tout, il est préférable de ne pas lui répéter : « Tu vas aller à l’école, tu es grand maintenant ! » même s’il a des chances de l’entendre par d’autres… Si pour lui grandir est synonyme de saut dans l’inconnu, cela risque de lui donner envie de rester petit ! Son anxiété pourrait alors se traduire par le fait de mouiller à nouveau sa culotte ou par un nouvel engouement pour des biberons remisés au fond du placard…
ØL’école qu’est ce que c’est ?
-l’école, c’est un peu comme le travail des parents. Désormais l’enfant aussi aura des occupations à l’extérieur de la maison. La comparaison lui permettra de s’identifier aux adultes et de se sentir valorisé.
-L’école est le lieu des enfants. Les parents ne savent que par l’enfant et la maîtresse ce qui s’y passe. Il aura sa place dans la classe et son institutrice s’occupera de lui. Cette précision permettra aussi de le préparer à la séparation.
ØPourquoi faut-il y aller ?
-Il a l’âge d’aller à l’école, comme tous les enfants de plus de trois ans. Ainsi il sentira qu’il n'est pas le seul à être concerné par la maternelle et que ses parents ne l’y envoient pas pour se débarrasser de lui.
-Il va apprendre à vivre avec les enfants de sa génération et c’est très important, car c’est avec eux qu’il fera sa vie plus tard : se marier, travailler, avoir des enfants… A trois ans, il en comprend très bien l’intérêt. Cette explication donne du sens à son entrée à l’école.
ØQue va-t-il y faire
-Il va y passer la matinée ou la journée entière, mangera ou non à la cantine, jouera dans la cour de récréation, y fera la sieste s’il reste l’après-midi… Il est important de lui préciser qui l’accompagnera et qui viendra le chercher à quelle heure.
-Il appréhende peut-être l’école parce qu’il a entendu dire qu’il va apprendre à lire et à écrire. Or cela lui semble bien trop difficile ! A l’inverse il peut en avoir très envie… et risque alors d’être très déçu. Il est donc utile de lui préciser qu’avant d’apprendre à lire et à écrire, il va faire beaucoup d’autres choses bien plus drôles à l’école, comme dessiner chanter, jouer…
-La maîtresse va également lui demander de rester assis et de lever le doigt pour parler, pour aller aux toilettes et elle lui expliquera comment faire s’il est très pressé…
-Avant d’entrer dans la classe, il devra accrocher son manteau au vestiaire. Pour l’enfant, ce n’est pas un simple détail : son manteau est un repère identitaire, un objet qui vient de la maison. Il peut se sentir dépouillé si on lui demande de l’enlever alors qu’il ne s’y attend pas. Autant le prévenir afin qu’il s’y prépare et ne se sente pas agressé quand cela lui sera demandé. Au travail, les parents en font autant.
La première visite de l’école
Après les démarches effectuées en mairie, c’est le moment d’entrer en contact avec l’école, muni de la fiche d’inscription*. Ce premier rendez-vous avec la maternelle ne se résume pas à une simple formalité administrative ! Le plus souvent, le directeur ou la directrice fait visiter l’école aux parents et à l’enfant. Ils rencontrent parfois sa maîtresse. Lorsque cette visite collective ou individuelle s’effectue durant les heures d’école, l’ambiance est bien sur plus réaliste… mais peut aussi se révéler plus impressionnante.
Cette visite permet à l’enfant d’avoir une image plus nette de ce lieu dont il entend de plus en plus parler. Pour l’accoutumer à son nouvel environnement, lorsque vous faites une course avec lui dans le quartier montrez-lui que vous passez à côté de son école , qu’elle est proche de la boulangerie ou sur le chemin du parc, ou encore pas très loin de la maison de sa nounou… il aura ainsi la sensation que cet endroit encore inconnu est en relation avec d’autres lieux familiers, ce qui va contribuer à le rassurer.
* pour faire enregistrer l’inscription, il est nécessaire de présenter un livret de famille – ou une carte d’identité, ou une copie d’extrait d’acte de naissance-, la fiche d’inscription délivrée par la mairie, un certificat du médecin de famille attestant que l’état de santé de l’enfant est compatible avec la vie en milieu scolaire, et qu’il a reçu toutes les vaccinations obligatoires pour son âge.
Le jour J
Le jour de la rentrée, les enfants sont souvent inquiets : ils ont peu dormi, fait des cauchemars, ont « mal au ventre »… Bref, ils ont le trac. Ils réagissent aussi à l’appréhension des parents qui se mêle au sentiment de fierté qu’ils éprouvent en ce grand jour. Or notre sentiment en tant que parents dépend largement du souvenir de notre première rentrée ou de l’école en générale… quel qu’il soit, l’enfant ne manque pas de le percevoir !
ØS’il pleure
Certaines maîtresses laissent les parents entrer dans la lasse et passer un moment avec leur enfant pour qu’il se familiarise ensemble avec ce nouveau cadre La plupart des enseignantes sont d’accord pour laisser les petits prendre leur peluche préférée ou leur tétine, au moins les premiers jours, quitte à les ranger ensuite dans une « boite à doudou » jusqu’à l’heure de la sieste.
Il pleure et s’accroche a sa mère ? C’est le moment de lui dire que vous avez déjà parlé de l’école ensemble et que , tout à l’heure, lorsqu’on viendra le chercher, il pourra raconter sa première journée. Il faut essayer de faire confiance à l’enfant et à sa maîtresse pour l’aider à surmonter cette angoisse de séparation. Les institutrices sont habituées à faire face à ce genre de situation et la plupart des petits se calment dès que leur parent n’est plus là…A quoi bon pleurer si maman ne m’entend pas ? Dans le cas contraire, la maîtresse le signalera et il est important alors de discuter avec lui de ce qui l’inquiète. De votre coté, faites également un effort pour surmonter votre émotion… au moins devant lui.
Source : l’entrée à la maternelle édition Albin Michel